La châtaigneraie Gingolaise, un patrimoine biologique et emblématique à défendre.

S’il y a bien un arbre emblématique de notre village, c’est le châtaignier.
Thermophile et héliophile, sensible au gel mais avec un besoin de chaleur en été et un peu de pluie en automne, il ne s’est rien refusé en s’installant ici, dans ce microclimat subméditerranéen que constitue le Bas-Valais.

A l’origine, la châtaigneraie est une selve, c’est-à-dire un peuplement aéré d’arbres fruitiers, à larges couronnes, qui bénéficient de beaucoup de lumière. La production de fruits y est optimale, puisque l’arbre n’a aucune concurrence. Depuis bien longtemps l’entretien de notre châtaigneraie est négligé. A priori, on pourrait penser que la biodiversité est plus large dans les vergers abandonnés, peut-être parce que les espèces sont affranchies des exigences de l’homme. Mais pas du tout ! Promenez-vous dans une forêt de châtaigniers embroussaillées : il est à parier que vous ne trouverez pas plus de 10 espèces végétales. Ensuite arpentez la pelouse herbeuse d’un verger entretenu. La richesse floristique vous livrera quelque 30 espèces de plantes, si ce n’est plus.

La luminosité d’un peuplement aéré, donc entretenu est un facteur de cette biodiversité.

Le lierre, les fougères, l’ail des ours, la knautie des champs, le géranium des prés, l’épervière des murs, la grande astrance l’épiaire officinal, le lotier, le trèfle rampant, le trèfle intermédiaire et bien d’autres offrent un festival de couleurs dont les insectes ne sont pas insensibles non plus.

Actuellement les châtaigniers se font discrets dans la région lémanique. Qui penserait, à première vue, qu’il y a deux cents ans, un peuplement quasi pur de châtaigniers s’étendaient de Bouveret à Bret-Locum. St-Gingolph possédait en effet l’une des plus grandes châtaigneraies d’Europe avec environ 20’000 arbres, on peut imaginer le fort impact paysager que cela devait être. Aujourd’hui quelques propriétaires seulement prennent soin de ce patrimoine, mais des projets émergent : la bourgeoisie franco-suisse a planté plus de 150 arbres ces dernières années, la commune va inscrire dès cette automne ses parcelles au projet de rénovation subventionné par le canton du Valais et piloté par le GCPC. (Groupement des propriétaires de châtaigneraies du chablais.)

Pour informations : Les propriétaires qui désireraient s’inscrire à ce beau projet sont les bienvenus.

Vivre proche des châtaigniers, les soigner, c’est aussi le plaisir d’en déguster les fruits. La récolte des châtaignes et les brisolées sont des moments de convivialité, de partage de savoirs, de transmissions des traditions culinaires. Un fruit qui resserre les liens, rapproche les gens et délecte les papilles.

Souhaitons que dans quelques années nous pourrons alors célébrer dignement cette châtaigne, lors de notre incontournable fête qui la commémore.

Source : Sur les traces du châtaignier. C.Rigaud 2014