Les néophytes envahissantes ou plantes exotiques envahissantes sont des plantes non indigènes, introduites volontairement ou non et qui parviennent à s’établir dans la nature et à proliférer par manque de facteurs régulateurs (parasites, herbivores, concurrence).

Les communes de St-Gingolph sont confrontées aux problèmes des plantes néophytes envahissantes au même titre que la plupart des communes se situant sur les rives du Léman.

Ces plantes s’installent d’abord discrètement en quelques stations, puis peuvent coloniser des sites entiers, tels que les rives de la Morge, celles du Léman, mais aussi les prairies et forêts.
Inventaire des espèces de plantes invasives sur les rives Franco-Suisse du Léman

Selon les espèces, le danger ou la nuisibilité s’exerce dans différents domaines notamment :

  • perturbation de l’équilibre écologique des écosystèmes (biodiversité, etc.)
  • de la santé (allergies, asthme, brûlures)
  • la sécurité (obstruction des cours d’eau, déstabilisation de leurs rives.)

Les espèces qui nous menacent et contre lesquelles il faut lutter en priorité dans notre région sont les suivantes :

Renouée du Japon (Reynoutria japonica)
Fiche d’information
Buddléa de David (Buddleja davidii) ou arbre à papillons
Fiche d’information
Berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum)
Fiche d’information

La Renouée est celle qui nous préoccupe le plus à St-Gingolph. Les commissions de l’Aménagement du territoire ont lancé une action commune pour la repérer et la situer géographiquement, afin de pouvoir organiser la lutte.

sur la plage suisse
sur le quai de la gare
sur la rive gauche de la Morge à la hauteur du Leman Forest

Pour les parcelles privées, nous lançons un appel à tous les propriétaires : si vous observez que la renouée s’est installée sur votre parcelle, contactez-nous s’il vous plaît via les administrations communales. Vous pouvez également utiliser une application mobile développée par Infoflora : InvasivApp

Dès qu’un recensement aura pu être effectué, nous mettrons en place des actions concrètes en collaboration avec l’ASL (Association de sauvegarde du Léman / présentation ci-dessous) et la SWO (Fondation active en Suisse depuis 40 ans dans le secteur du développement durable et qui réalise des projets qui favorisent la sauvegarde du patrimoine et la richesse naturelle d’une région.)

Les citoyennes et citoyens seront informés via des communiqués ainsi que par le site de la commune suisse.
Nous vous remercions d’avance de votre soutien dans cette lutte en faveur de la biodiversité de notre belle région.

 

ASL : Association pour la Sauvegarde du Léman

Halte aux Renouées !

Un projet de lutte citoyenne pour la biodiversité lémanique

La problématique des plantes indésirables touche différents milieux, dont les rives du Léman. L’Association pour la Sauvegarde du Léman œuvre depuis 1980 à l’amélioration de la qualité des eaux, mais est aussi attentive à celle de la biodiversité. C’est donc naturellement, qu’elle se préoccupe de la diversité des plantes présentes sur les rives du lac et de ses affluents.

Or, les renouées colonisent parfois entièrement des portions de rives, empêchant la croissance des plantes locales par son dynamisme de croissance. Les renouées favorisent également l’érosion des berges, car leur système racinaire et de rhizomes ne maintient pas les sols aussi bien que celui des espèces indigènes. Elles ne présentent toutefois pas de danger de santé publique contrairement à d’autres espèces invasives.

Elle est originaire des régions subméridionales et océaniques de l’Est de l’Asie. Introduite comme plante ornementale, elle est commercialisée dès 1849 en Allemagne. Elle a ensuite été utilisée comme plante mellifère et fourragère. Aujourd’hui, elle est interdite en Suisse, mais pas encore en France, un règlement européen est actuellement à l’étude.

Diverses lois fédérales suisses visent à limiter la propagation des néophytes envahissantes : Loi sur la protection de l’environnement, Loi sur la protection de la nature et du paysage, …

Pourquoi la Renouée est-elle si difficile à combattre ?

  • Une croissance très rapide (jusqu’à 4 centimètres par jour) dès le début de saison. Des rhizomes permettant une repousse massive après l’hiver.
  • Une repousse aisée même à partir de petits fragments de plante
  • L’émission de substances au niveau des racines pour empêcher le développement des autres plantes
  • Ne subit aucune attaque de parasites sous nos latitudes
  • Seule faiblesse, elle n’aime pas l’ombre

L’action ASL « Halte aux Renouées »

  • Lancée en 2013 sur les rives genevoises du Léman et en 2017 sur les rives vaudoises
  • Bénéficie de la collaboration des services de l’Etat et des communes
  • Sensibilise le public à la perte de biodiversité due aux espèces envahissantes
  • Engage la population dans l’effort de lutte

La tâche s’avérant conséquente, l’ASL fait appel à la population en demandant à des bénévoles de repérer des foyers, de s’occuper d’une station durant la saison ou de faire partie d’une équipe sollicitée régulièrement pour des sessions de coupe.
Aidez-nous à lutter en devenant vous aussi bénévole sur les foyers répertoriés, en vous occupant vous-même du foyer de renouées présent dans votre jardin ou en nous signalant tout foyer observé !

Comment reconnaître les renouées ?

Feuilles alternes, 7 à 18 cm de longueur, 8 cm de largeur.
Tronquée à la base et pointue à l’extrémité.
Les jeunes feuilles peuvent avoir des teintes rouges.
Les tiges peuvent être teintées de rouges, elles peuvent atteindre 3 mètres et ressembler à des tiges de bambou.
Le diamètre des tiges peut varier entre différentes pousses.
Fleurs blanches en panicule en été.

Lutte

Les renouées sont inscrites sur la Liste Noire(1) des néophytes posant des problèmes, avec degré 10 d’urgence de lutte sur une échelle de 10.
Les caractéristiques de la plante rendent la lutte difficile, de plus :

  • L’usage d’herbicides est interdit à proximité des plans d’eau (Ordonnance sur la protection des eaux)
  • Le fauchage, particulièrement avec débroussailleuse, n’est pas recommandé, car il favorise la diffusion de fragments de plante qui donneront très facilement naissance à de nouvelles pousses
  • La mise en place de bâches noires opaques est impossible dans les enrochements et hypothèque le développement des autres espèces

Reste l’arrachage ou la coupe manuelle qui demande des ressources en main d’œuvre et de la ténacité, car il faut la répéter de nombreuses fois durant la période de végétation et pendant plusieurs années afin d’affaiblir la plante.

(1) La liste Noire d’Infoflora regroupe 41 néophytes envahissantes très répandues en Suisse. Les plantes figurant sur cette liste provoquent des dégâts pour la biodiversité, la santé et l’économie.

Que faire en présence de renouées ?

  • Couper ou arracher les tiges, et, si possible, déterrer les racines, ne pas laisser des morceaux de racines ou de tiges sur le terrain (reprise assurée !)
  • Éliminer en mettant immédiatement en sac pour élimination par incinération avec les ordures ménagères – pas de compostage
  • Replanter d’autres espèces (saule, cornouiller, sureau, ortie, clématite, …) pour occuper le terrain
  • Surveiller la repousse (probablement pendant plusieurs années) et poursuivre l’élimination

Contact

Association pour la sauvegarde du Léman – ASL
2, rue des Cordiers – 1207 Genève
+41 22 736 86 20
asl@asleman.org
www.asleman.org

 

En savoir plus :
Office fédéral de l’environnement (OFEV)
Service cantonal des forêts, des cours d’eau et du paysage (SFCEP)
Association pour la sauvegarde du Léman (ASL)
Info Flora
Commission internationale pour la protection des eaux du Léman (CIPEL)